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Visite de l’exposition du FRAC Auvergne, Halle aux Blés de Saint-Flour, 13 octobre

Les élèves de l’option arts plastiques  guidés par Laurie Gacon, médiatrice culturelle pour le Pays d’Art et d’Histoire de Saint-Flour ont pu,   par une approche directe des 10 œuvres exposées, questionner la notion de vraisemblance et ressemblance :

« Toute ressemblance ne saurait être fortuite »

Claude Viallat est l’un des fondateurs du mouvement d’avant-garde Support-Surface, il restreint le langage de ses œuvres à la répétition d’un motif unique, une sorte de  haricot qui constitue un motif neutre qui lui permet  de se libérer du choix du sujet. Il commence à peindre sur des matériaux de récupération, stores, vêtements, nappes, bâches militaires, comme c’est le cas pour Bâche Kaki. Le choix de ce support n’est pas anodin et pourrait aller jusqu’à évoquer un épisode étonnant de l’histoire de l’art du 20ème siècle puisque, au cours de la première Guerre Mondiale, c’est aux peintres cubistes que l’on fit appel pour inventer les premiers motifs de camouflage militaire.

 

Philippe Cognée dans les années 2000 oriente ses recherches vers le traitement de nouveaux types d’images. Beaubourg appartient ainsi à une série tout à fait singulière dans l’œuvre du peintre, consacrée aux grandes architectures patrimoniales. Réalisée en 2014 Beaubourg en impose par son format de 2m sur 3 et plonge le spectateur dans une  représentation floue et en voie d’effondrement du musée d’art moderne de Paris. C’est ici la technique employée qui brouille nos repaires visuels et met en avant une véritable peau sensuelle de la peinture, car l’image de Beaubourg a été peinte sur de l’encaustique  recouvert d’un film plastique chauffé et enfin  arraché à la peinture.

 

C’est aussi la démarche de l’artiste Maris Maude qui brouille notre lecture du réel car  elle  modèle des petits objets du quotidien, les dispose dans une boite puis les  photographie selon un éclairage et peint la photographie obtenue d’une facture lisse et  réaliste en jouant de l’échelle, le processus nous met  alors à distance du réel.

 

Les Mangeurs 3  de Claire Tabouret  est lui un petit format de 40 cm de coté,  peint en larges touches sur une sous -couche de peinture verte  qui  transparaît encore et  donne une tonalité au nourrisson quasi maladive, le regard est aussi distant et crée un malaise, est-ce une scène banale d’un visage maculé d’une purée verdâtre ou  la représentation quasi médicale d’une infection dermatologique ?

Martin Parr est un des plus célèbres et populaires photographes documentaires. Common Sense, sont peut-être parmi les plus atypiques des œuvres  de l’artiste. Les photographies ont été prises avec un appareil 35 mm et un film ultra saturé, les cadrages  sont souvent d’une grande banalité,  Les tirages eux-mêmes sont d’une qualité moyenne puisque la série complète se présente sous la forme de 350 photocopies couleur Xerox de format A3 qui doivent être simplement épinglées au mur dans leur totalité. Une mise en scène donc et une qualité d’exécution qui visent à montrer la laideur et la vulgarité planétaire de nos sociétés capitalistes.

Enfin la sculpture /installation posée au sol d’Etienne Bossut s’intitule Le Grand Laocoon. C’est  est une œuvre employant, comme module sculptural ou architectural de départ, un moulage en résine polyester du fauteuil Orgone créé en 1993 par le designer Marc Newson.  Articulés et assemblés  les fauteuils décrivent un double looping, qui rappelle les contorsions du Laocoon   sculpture conservée au Vatican. Des références historiques et d’objets de design  s’entremêlent alors dans une réalisation de prime abord ludique et enfantine.