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Rencontres avec l’autrice Valentine GOBY, 29 et 30 janvier

 

Les élèves de 1ère 1 et 2 ont eu la chance de rencontrer Valentine Goby dont ils avaient lu le roman Un paquebot dans les arbres. Cette lecture intervenait dans le cadre de l’étude de la littérature d’idées et du parcours « Un nouvel univers s’est offert à mes yeux. » Les questions ont été nombreuses, portant aussi bien sur le métier d’écrivain en général que sur l’œuvre en particulier. Les élèves étaient notamment intrigués par le lien de l’auteure au réel, par ses sources d’inspiration et sa manière de les transformer en littérature. L’écrivaine a répondu avec beaucoup de sincérité et d’enthousiasme, parvenant à communiquer sa passion de l’écriture. Deux heures se sont ainsi écoulées sans que l’on ait vu le temps passer, laissant les jeunes lecteurs riches de réflexions littéraires et humaines.

Les élèves de 1ere 3 et 4 l’ont également rencontré après avoir lu L’île haute.

Ce titre pourrait fort bien désigner Saint Flour, quand la cité perchée émerge du brouillard… mais dans l’histoire imaginée par Valentine Goby, l’île haute, c’est un massif montagneux. Grâce à l’écriture ciselée de l’autrice, les élèves ont ainsi pu se mettre dans la peau d’un jeune garçon qui n’a jamais quitté la ville et arrive dans les Alpes, pour fuir l’occupation allemande.

La rencontre avec l’autrice s’est ouverte sur la lecture d’un extrait, choisi par une élève : « C’est la première fois qu’il voit une montagne. Elle a jailli à son insu, le temps d’aller pisser. Il n’est plus qu’un garçon qui regarde une montagne ». Valentine Goby réagit avec un large sourire : c’est précisément pour cette scène qu’elle a écrit L’Ile haute. Elle explique alors tout le processus qui l’a amenée à construire cette intrigue, toutes ces excursions dans la vallée de Vallorcine, qu’elle a arpentée pour en connaitre le moindre centimètre, la moindre plante, la moindre variation de couleur dans le paysage. L’écriture est, pour elle, une expérience de tout le corps, et les élèves ont été sensibles à cette approche. Comme son personnage, Valentine Goby est synesthète, ce qui explique la musicalité, la saveur, les couleurs de son écriture. Tout ceci fait parfaitement écho à l’étude de Sido et des Vrilles de la vigne, œuvres de Colette étudiées en classe. Comme elle, Valentine Goby a le souci du mot juste, du mot qui va résonner le mieux avec ce qu’elle décrit.

Pendant presque deux heures, les questions se sont enchaînées autour des symboles, des choix opérés par l’écrivaine, des personnages, et l’on comprend par exemple que la femme qui s’appelle Blanche est, comme une montagne couverte de neige, susceptible d’être dévêtue. Par la précision et la richesse de ses réponses, l’autrice a donc permis aux élèves de mieux comprendre ce roman et d’en explorer de nouvelles facettes, ce qui va nourrir leur réflexion pour les épreuves du bac de français.

Les terminales HGGSP et HLP enfin ont rencontré l’autrice le 30 janvier après avoir lu le roman Kinderzimmer, dans le cadre du programme de spécialité et en vue d’une visite du camp de Ravensbrück le 1er avril prochain. Cette rencontre a permis aux élèves de HGGSP de mesurer les liens entre histoire et mémoires et la nécessité de croiser ses sources afin de pouvoir s’approcher au plus près de la réalité même dans le cadre d’un roman. Valentine Goby a expliqué les recherches effectuées, les rencontres réalisées, afin de placer ses personnages de fiction dans un cadre réel, le camp de Ravensbrück. Les élèves de terminale HLP ont lu cette fiction dans le cadre du thème « l’humanité en question ». Comment témoigner ? Comment faire vivre la mémoire de la Shoah ? Il faut user d’artifices pour raconter non pas l’indicible mais l’inaudible, pour revenir à la première émotion, à la première sensation et ne pas se laisser emporter par le caractère mécanique d’une parole connue et répétée.